Abdominoplastie après grossesse : ne pas seulement traiter la peau, mais reconstruire le ventre

Après une ou plusieurs grossesses, les modifications abdominales peuvent concerner simultanément la peau, la graisse et la paroi musculaire. Un diastasis peut persister et une hernie ombilicale peut parfois être associée.

« Je ne traite pas uniquement un excès de peau. »

Les quatre composantes du ventre post-partum

  • 1. La peau : excès cutané, qualité de la peau, vergetures et cicatrices éventuelles.
  • 2. La graisse : quantité et localisation : graisse sous-cutanée éventuellement accessible à la lipoaspiration, et graisse intra-abdominale qui ne l'est pas.
  • 3. La paroi musculaire : présence, importance et retentissement d'un éventuel diastasis.
  • 4. L'ombilic et la ligne médiane : position du nombril et recherche d'une éventuelle hernie associée.
Ventre post-partum avant abdominoplastie avec excès cutané, diastasis et stéatomérie modérée.
Analyse préopératoire du ventre post-partum : peau, graisse et paroi doivent être évaluées séparément.

L'abdominoplastie ne se résume pas à retirer de la peau

L'abdominoplastie permet de retirer l'excès cutané et de retendre l'enveloppe abdominale. Mais lorsque la grossesse a également entraîné une distension importante de la ligne blanche, traiter uniquement la peau ne répond pas à l'ensemble du problème anatomique.

Photographie clinique d'un ventre post-partum avec excès cutané et distension de la paroi (photographie 1 sur 3)Photographie clinique d'un ventre post-partum avec excès cutané et distension de la paroi (photographie 2 sur 3)Photographie clinique d'un ventre post-partum avec excès cutané et distension de la paroi (photographie 3 sur 3)

La réparation du diastasis peut alors constituer une étape essentielle de l'intervention. L'objectif est de traiter, lorsque cela est indiqué, l'enveloppe cutanée et la paroi dans un même projet opératoire.

Reconstruire la ligne blanche

Lorsque cela est indiqué, les muscles grands droits sont rapprochés afin de restaurer la ligne médiane abdominale et de corriger la composante pariétale de la projection du ventre. La technique précise doit être adaptée à l'anatomie, à la présence éventuelle d'une hernie et au contexte de chaque patiente.

Diastasis et hernie : deux problèmes différents et pourtant souvent liés

Un diastasis n'est pas une hernie. Dans le diastasis, la ligne blanche est élargie et amincie sans qu'il existe nécessairement de véritable défect pariétal. Une hernie correspond à un défaut de la paroi permettant une protrusion de tissus. Les deux peuvent néanmoins coexister, notamment au niveau ombilical. Il faut interpréter la hernie comme une zone de faiblesse de la paroi déjà affaiblie par le diastasis. La hernie est donc une conséquence du diastasis qui, si elle est traitée seule, récidivera inéluctablement. Hernie et diastasis doivent donc toujours être traités simultanément.

Le nombril : un élément central du résultat

Une abdominoplastie ne se juge pas uniquement sur la tension du ventre. La forme et la position du nombril, son intégration dans l'abdomen et la discrétion de ses cicatrices participent au caractère naturel du résultat.

La cicatrice

L'objectif est de positionner la cicatrice abdominale aussi bas que l'anatomie et la sécurité de l'intervention le permettent afin qu'elle puisse, et c'est impératif, être dissimulée sous les sous-vêtements ou le maillot. Sa longueur dépend directement de la quantité de peau à retirer : une cicatrice plus courte n'est pas nécessairement synonyme d'une meilleure intervention.

Résultat après abdominoplastie du post-partum avec réparation d'un diastasis des grands droits (photographie 1 sur 4)Résultat après abdominoplastie du post-partum avec réparation d'un diastasis des grands droits (photographie 2 sur 4)Résultat après abdominoplastie du post-partum avec réparation d'un diastasis des grands droits (photographie 3 sur 4)Résultat après abdominoplastie du post-partum avec réparation d'un diastasis des grands droits (photographie 4 sur 4)
Résultat après traitement de l'enveloppe cutanée et, lorsque cela était indiqué, reconstruction de la paroi abdominale.

Une abdominoplastie antérieure peut-elle être reprise ?

Oui, dans certaines situations. Une patiente peut consulter après une première abdominoplastie pour un excès cutané résiduel, une cicatrice, un nombril, un contour abdominal ou la persistance d'une distension de la paroi.

Il faut alors reprendre le raisonnement depuis le début : peau, graisse et paroi sont analysées séparément afin d'identifier la cause réelle du résultat insatisfaisant.

« Un ventre peut rester bombé si une composante pariétale persiste. Il faut d'abord comprendre pourquoi avant de proposer une correction. »

Correction secondaire d'un diastasis résiduel après plastie abdominale (photographie 1 sur 4)Correction secondaire d'un diastasis résiduel après plastie abdominale (photographie 2 sur 4)Correction secondaire d'un diastasis résiduel après plastie abdominale (photographie 3 sur 4)Correction secondaire d'un diastasis résiduel après plastie abdominale (photographie 4 sur 4)
Persistance d'une distension de la paroi après une première abdominoplastie ; correction secondaire après analyse de la composante pariétale. La correction secondaire de la paroi a été associée, à la demande de la patiente, à une prise en charge mammaire afin d'harmoniser l'ensemble de la silhouette post-partum : un Mommy Makeover en deux temps.

Réparer d'abord. Renforcer ensuite.

La chirurgie ne fabrique pas un corps sportif. Lorsqu'elle est indiquée, elle permet de restaurer l'anatomie de la paroi et de traiter les composantes chirurgicales du ventre.

Après cicatrisation et reprise progressive de l'activité physique, c'est ensuite à la patiente de travailler sa musculature et de redessiner sa silhouette.

« Vous retrouverez un ventre corrigé sur le plan chirurgical ; à vous ensuite de travailler pour redessiner votre silhouette. »

Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 1 sur 6)Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 2 sur 6)Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 3 sur 6)Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 4 sur 6)Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 5 sur 6)Résultat d'abdominoplastie puis évolution de la silhouette après reprise progressive du sport (photographie 6 sur 6)
La chirurgie restaure l'anatomie lorsqu'elle est indiquée ; le renforcement musculaire et l'activité physique participent ensuite au dessin de la silhouette. Résultat à un mois après l'intervention, puis à trois mois après la reprise du sport.

Quand réaliser une abdominoplastie après une grossesse ?

L'intervention est généralement envisagée lorsque les modifications liées à la grossesse sont stabilisées et que le poids est relativement stable. Classiquement un an après la première grossesse, six mois après la seconde et seulement trois mois après la troisième. L'idéal étant de réaliser cette intervention une fois le programme de maternité terminé.

Ma conception de l'abdominoplastie post-partum

La peau, la graisse, le diastasis, la ligne blanche, le nombril et une éventuelle hernie appartiennent au même ensemble anatomique. Lorsque cela est nécessaire, l'abdominoplastie devient ainsi une reconstruction du ventre post-partum, associant correction de l'enveloppe et restauration de la paroi abdominale.

Réparer d'abord. Renforcer ensuite.

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